Charles Virion. 患瘟疫的群兽,青铜纪念章

已售

Charles VIRION (1865-1946)

Les animaux malades de la peste (患瘟疫的群兽)

圆形锈色青铜纪念章,保存于盒中

直径:4厘米


Jean de LA FONTAINE (1621-1695) (让‧德‧拉封丹)

Les Animaux malades de la peste (患瘟疫的群兽)


Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.


(一种充满恐怖的灾难—瘟疫,在动物之中流行开来,这是上天在盛怒之中为惩罚自然界而造成的不幸。一天之内阿克戎河这一地狱之河填满了兽尸,其它没 死的也都染病在身。再也看不到它们忙于觅食来维持病疴的生命,食物已引不起任何食欲。狼和狐狸都无心注意那些温驯的猎物,连斑鸠都四散不再求爱,也没有了 欢乐。狮子召开会议,它说:亲爱的朋友,我琢磨着可能是因我们有罪,所以上帝才降下这一灾难。我们之中谁罪孽深重,希望它能出来作自我牺牲来平息天怒, 这样做也许大伙的病会好起来。历史曾告诉我们,在这危急时刻,定有人能作这种牺牲。我们不能过于原谅自己,都该扪心自问。就拿我来说吧,为了满足自己的胃口,曾吃过许多绵羊,它们对我能有什么威胁?一点也构不成!有时我甚至把牧羊人也吃了。因此如果需要的话,我将作出自我牺牲。现在我想,最好每位都能像我 一样主动认罪。因为大家都认为要根据公正的裁决让罪孽最大的去抵罪。陛下,狐狸说,您是位太仁慈不过的君王,您的认真态度使大家看到了您严于律己的品德。嗨!说到吃羊,那种蠢东西吃了也是不为过的,绝不。大 王,您赏脸去嚼它们就是赐给它们最大的荣誉。至于牧羊人,应该这样说,他咎由自取,因为这家伙自以为是,对我们为所欲为。”狐狸如此为狮王开脱罪责,奉承 者都鼓掌喝彩。于是,大家都不敢再去深究老虎、熊等等其它猛兽那些不能宽恕的罪行。一切好斗的动物,就连最普通的牧羊狗,都把自己打扮成了一个个的圣人。轮到驴子说话了,我记得有一次经过修道士的草地,当时我的确饿得很,看到嫩草,鬼使神差吧,我就吃了一丁点大一块青草。我应当说我没有权利去吃它,可今天既然大家都坦白自己的错误,我也就照直说了。话音刚落,大家立刻喊着把驴子抓起来。有只狼,算是个穷酸秀才吧,引经据典地证明驴子行径的罪恶,要把驴这只可恶的牲畜作为祭品。狼说,这秃驴,这 败类,是它惹来的这一切灾祸。光天化日之下,它竟敢吃别人的草,真是十恶不赦,这样的罪孽必须判处死刑!大家最后终于让驴子自己也认识到了这一点。法庭就这样根据你的权势、贵贱之分,来判决你的清白和罪恶与否。)

Provenance :

  • 数量  1
  • 参照号码 Expertissim : 2014010552